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Module 1 · Lire la musique · Leçon 2 sur 10

A B C D E F G

Les lettres A B C D E F G nomment les mêmes notes que do ré mi : A est la, C est do. Accords, tablatures, applis — apprenez à lire les deux systèmes.

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Définition — Les noms de notes en lettres : Le second système de noms de la musique emploie les sept premières lettres de l'alphabet — A, B, C, D, E, F, G — une lettre par degré de l'échelle musicale. Les lettres désignent exactement les mêmes notes que les syllabes du solfège : A est la, B est si, C est do, et après G l'alphabet reboucle sur A.

Les mêmes notes, un second jeu de noms

Dans la leçon précédente, vous avez rencontré les sept syllabes chantées — do, ré, mi, fa, sol, la, si — et entendu leur boucle monter et descendre le clavier. C'était la moitié de l'identité de chaque note. Voici l'autre moitié.

Dans le monde anglophone — et, à une lettre près dont la FAQ raconte l'histoire, le monde germanophone —, les musiciens nomment les mêmes notes, exactement, avec des lettres : A, B, C, D, E, F, G. Rien ne change dans le son — ni la hauteur, ni le pas entre voisines, ni la boucle. Seule l'étiquette diffère, comme une même ville qui s'écrit Londres sur une carte française et London sur une carte anglaise.

Un lecteur francophone vit en do-ré-mi — et pourtant les lettres l'entourent déjà : accords écrits Am, F, C, G7 au-dessus des paroles, tablatures de guitare, écrans d'accordeurs, applis de piano. Ces symboles resteront des hiéroglyphes tant que A et G ne vous diront rien. Un musicien qui lit les deux systèmes circule librement entre tous ces mondes : voilà pourquoi ce cours enseigne les lettres immédiatement après les syllabes.

L'alphabet musical posé sur les touches : une lettre par degré — et la huitième touche porte déjà la première lettre à nouveau.

L'alphabet musical : de A à G, puis A de nouveau

Les musiciens appellent ces sept lettres l'alphabet musical, et il est plus court que celui de l'école : il s'arrête à G. Après G, pas de H — le degré suivant est A de nouveau, un étage plus haut, exactement comme do revient après si en solfège.

La boucle tourne dans les deux sens. Montez — A, B, C, D, E, F, G, A — et les lettres recommencent aussi haut qu'il y a des notes. Descendez, et vous lisez l'alphabet à rebours : G, F, E, D, C, B, A, puis G encore au-dessous. Lire l'alphabet à l'envers avec aisance est une vraie compétence : les mélodies tombent aussi souvent qu'elles montent, et nommer des notes qui descendent, c'est dérouler le chemin de A vers G sans hésiter.

La est A, do est C : la correspondance des deux systèmes

Puisque les deux systèmes nomment les sept mêmes notes, il existe entre eux une correspondance fixe et permanente — non pas une formule à calculer, mais un appariement à mémoriser :

Solfège do mi fa sol la si
Lettre C D E F G A B

Deux paires d'ancrage déverrouillent toute la table. La est A : la note sur laquelle l'orchestre s'accorde, celle qui vibre quatre cent quarante fois par seconde, est un la — une note, un son, deux noms. Le fameux « la 440 » des musiciens s'affiche « A » sur l'écran d'un accordeur. Do est C : la lettre C deviendra bientôt votre point de repère sur le clavier comme sur la portée. Fixez ces deux paires dans votre mémoire, et chaque autre paire n'est plus qu'à quelques degrés de marche, dans un sens ou dans l'autre.

Remarquez ce que cette table n'est pas : une traduction entre deux musiques différentes. Chaque touche du piano répond à ses deux noms à la fois, toujours.

Les mêmes touches, deux étiquettes chacune — la et A sont une seule note, do et C sont une seule note.

Pourquoi l'alphabet commence sur la, et non sur do

Si les deux systèmes nomment les mêmes notes, pourquoi la liste des lettres ne s'ouvre-t-elle pas sur do ? La réponse est historique, et plus ancienne qu'on ne l'imagine : les lettres sont venues d'abord.

Vers le VIe siècle — cinq cents ans avant la moindre syllabe chantée — le savant romain Boèce désignait déjà les notes par des lettres de l'alphabet dans son traité de musique. Autour de l'an 1000, l'enseignement médiéval (le Dialogus de musica, longtemps attribué à Odon de Cluny) fixa le système que nous utilisons encore : sept lettres, de A à G, répétées en boucle. La lettre A fut posée sur une note proche du bas de la tessiture des chanteurs — la note que le solfège appellera la.

Une génération plus tard seulement, vers 1025, Guido d'Arezzo tira ses syllabes chantées de l'hymne « Ut queant laxis », comme le raconte la leçon précédente. Sa première syllabe, ut — rebaptisée do par la suite — tomba sur la note déjà lettrée C, et sa sixième syllabe, la, tomba sur la note déjà lettrée A. Personne n'a dessiné l'alignement des deux systèmes : nés indépendamment, à cinq siècles d'écart, ils se sont simplement retrouvés sur les mêmes notes. A n'est pas do parce que A n'a jamais rien eu à voir avec do : la place était déjà prise.

Les lettres vers 500, la boucle de A à G vers l'an 1000, les syllabes vers 1025 — l'alphabet est le système aîné.

Épelez en lettres des mélodies que vous connaissez déjà

Le plus court chemin pour s'approprier les lettres est d'épeler des musiques que votre oreille connaît par cœur — les mêmes mélodies que vous avez épelées en syllabes à la leçon précédente, dans leur seconde graphie.

L'Ode à la joie — Beethoven. La mélodie du cours, cette fois en lettres : E E F G · G F E D · C C D E · E D D. Cinq lettres portent toute la phrase (C, D, E, F, G) ; elle grimpe jusqu'à G, puis redescend tranquillement se poser près de C.

Frère Jacques. Le canon s'ouvre sur la phrase de lettres la plus limpide qui soit : C D E C, C D E C — trois degrés au-dessus de C, retour au rez-de-chaussée, deux fois.

« Ah ! vous dirai-je, maman ». La première ligne s'épelle C C G G A A G — et cette paire de A est votre note de diapason, la, cachée dans l'une des mélodies les plus connues du monde.

La mélodie du cours dans sa seconde graphie : E E F G, G F E D, C C D E, E D D.

Idées reçues sur les notes en lettres

« A B C et do ré mi sont deux séries de notes différentes. » Une seule série de notes, deux jeux d'étiquettes. A est la à chaque fois, C est do à chaque fois — dans la convention de do fixe de ce cours, la correspondance ne bouge jamais.

« L'alphabet musical devrait commencer sur do. » Il commence sur A = la, pour des raisons purement historiques : les lettres furent épinglées sur leurs notes des siècles avant la naissance de do. L'ordre alphabétique ne dit rien de l'importance musicale.

« Après G vient H. » Dans le système enseigné ici, A revient après G. (Une exception historique existe : la tradition germanophone nomme une note H — voir la FAQ.)

« Un musicien élevé en do ré mi peut se passer des lettres. » C'est l'inverse : les symboles d'accords, les tablatures, les accordeurs et la plupart des applis parlent lettres d'abord — en France comme ailleurs. Les deux systèmes servent dès les premières semaines, et c'est exactement pourquoi ils ouvrent ce cours côte à côte.

Conseils pratiques

FAQ

Pourquoi la musique n'emploie-t-elle que sept lettres ? Parce qu'au bout de sept degrés, l'échelle atteint une note qui sonne comme une copie plus aiguë de la première : on réutilise alors son nom au lieu d'en inventer un huitième. Cette distance singulière entre deux notes de même nom est l'octave, qui a sa propre leçon dans ce chapitre. Sept noms par boucle, c'est tout ce qu'il faut à n'importe quel système.

Pourquoi A n'est-il pas do ? Parce que les deux systèmes sont nés indépendamment, à environ cinq siècles d'écart. Boèce lettrait déjà les notes vers le VIe siècle, et la boucle de A à G s'est fixée autour de l'an 1000 — si bien que lorsque Guido d'Arezzo introduisit ut, ré, mi vers 1025, son ut (le futur do) tomba simplement sur la note déjà lettrée C, et son la sur la note déjà lettrée A. Le décalage est un accident de l'histoire, pas un choix de conception.

Pourquoi les musiciens allemands écrivent-ils H au lieu de B ? Les copistes médiévaux écrivaient une même note sous deux formes : un b rond et un b carré. Dans les pays germanophones, la forme carrée finit par être lue comme la lettre H ; l'alphabet allemand court donc A, H, C, D, E, F, G, le B restant réservé à la forme ronde — une variante abaissée qu'une leçon ultérieure présentera. Dans le système anglais qu'emploie ce cours, la note que nous chantons si s'écrit B, et il n'y a pas de H.

La est-il toujours A ? En do fixe — la convention de ce cours et de la tradition latine, celle de la France — oui : la est la note lettrée A, quelle que soit la musique. En do mobile, les syllabes décrivent le rôle de chaque note dans la gamme du moment, et la peut alors désigner des notes différentes. Les lettres, elles, ne bougent jamais, dans les deux conventions.

En résumé

  • Sept lettres — A, B, C, D, E, F, G — nomment les mêmes sept notes que do, ré, mi, fa, sol, la, si.
  • Les paires d'ancrage : A est la (le « la 440 » du diapason) et C est do ; la correspondance est fixe et se lit dans les deux sens.
  • Après G, l'alphabet reboucle sur A, en montant comme en descendant.
  • Les lettres forment le système le plus ancien — environ cinq siècles de plus que les syllabes — et voilà pourquoi A est tombé sur la, et non sur do.
  • L'Ode à la joie dans sa seconde graphie : E E F G, G F E D, C C D E, E D D.

Chaque note répond désormais à ses deux noms — l'étape suivante est de retrouver ces notes sous vos doigts : le clavier du piano, dont les touches noires dessinent le motif répété qui transforme des dizaines de touches blanches identiques en carte lisible. C'est la toute prochaine leçon de ce chapitre : Le clavier du piano : touches blanches et noires.

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